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“Giscard d'Estaing, de vous à moi”, confidences d'un président sur France 3 lundi 3 avril

“Giscard d'Estaing, de vous à moi”, confidences d'un président sur France 3 lundi 3 avril

Mêlant témoignage du principal intéressé, images d’archives, narration portée par la voix de Denis Podalydès, le documentaire de Gabriel Le Bomin et Patrice Duhamel se regarde à la fois comme le récit (parfois) nostalgique de plus d’un demi-siècle de vie politique française et comme la biographie de l’une de ses figures paradoxales. A découvrir sur France 3 lundi 3 avril à 20:55.

Il y a en effet un mystère Giscard d’Estaing que ce portrait-entretien ne tente pas de percer, préférant plutôt se laisser porter par lui. Ce sage de la République, qui déambule dans les jardins du Palais-Royal, dont la jeunesse fut l’un des credo, que représente-t-il pour ces lycéens croisés sur son chemin ? Il a 91 ans. Sa carrière d’homme d’État aura duré tout juste 23 ans et il quitta le pouvoir (ou bien en fut chassé) il y a 36 ans, à l’âge (55 ans) où d’autres songent à y accéder...

Longtemps, Valéry Giscard d’Estaing fut un jeune homme pressé. Élève au lycée Janson-de-Sailly, il s’engage à 18 ans dans l’armée du général de Lattre de Tassigny, qui le mènera jusqu’en Autriche. Il revient à Paris avec la croix de guerre pour entrer à Polytechnique, dont il sort pour entrer dans la toute récente École nationale d’administration. Un beau mariage avec une aristocrate, fille d’industriel, un mandat de député dans le Puy-de-Dôme. Remarqué par le général de Gaulle, il entre au gouvernement comme secrétaire d’État aux finances. Il a 33 ans. Trois ans plus tard, il est nommé ministre. Giscard est brillant. Il défend une conception nouvelle des finances publiques, s’appuyant sur un budget à l’équilibre. Mais il inquiète. Pour Georges Pompidou, chef du gouvernement, son ambition en fait un possible et dangereux rival. De Gaulle lui reproche son indépendance. Après l’élection présidentielle de 1965, le Général l’écarte de la rue de Rivoli. 

Avec un mélange caractéristique de sensibilité blessée, de pudeur et de grandiloquence, Giscard salue ses collaborateurs – « Cela me fait trop mal pour rire, mais je suis trop grand pour pleurer » – et va, dans la solitude, ourdir sa stratégie de conquête du pouvoir, avec, en ligne de mire, l’après-de Gaulle. Un projet libéral et européen ; une certitude (que confortera le printemps 68) : la jeunesse sera au centre des futurs enjeux ; une position : le centre comme arbitre de la vie politique. En fait d’arbitre, Giscard sera régulièrement un outil utilisé par les gaullistes (malgré leur agacement) dans leurs stratégies politiciennes : ministre de Georges Pompidou... mais flanqué d’un chaperon (Jacques Chirac), allié contre Jacques Chaban-Delmas à qui il faut barrer la route, joker après la mort de Pompidou contre la menace de la candidature de François Mitterrand en 1974... avant de devenir à son tour, sept ans plus tard, l’homme à abattre, quand Jacques Chirac et le RPR appelleront les électeurs de droite à voter pour le candidat socialiste. Giscard se rêva en homme d’État mais répugna toujours, raconte-t-il, au billard à trois bandes de la vie politique, par dégoût « du milieu perfide qui entoure le pouvoir ». Ce fut sans doute à la fois sa grandeur et ses limites.

Entre l’alliance et la trahison, il y eut tout de même sept années de règne qui racontent l’histoire d’un homme qui voulut tout à la fois marquer l’histoire, rajeunir la vie publique, être aimé des Français, un mélange parfois agaçant, souvent touchant, d’emphase lyrique (« Voici que s’ouvre le livre du temps avec le vertige de ses pages blanches »), d’affectation, de simplicité, d’opérations de séduction plus ou moins maladroites (l’accordéon, le petit déjeuner à l’Élysée avec des éboueurs, les dîners chez les Français moyens...), de sincérité, de changements réels (l’âge de la majorité à 18 ans, la loi sur l’avortement, le divorce par consentement mutuel, l’amélioration des droits des femmes), de grands chantiers dont il n’eut pas le temps de tirer les bénéfices (le musée d’Orsay, l’Institut du monde arabe, la Cité des sciences...), de ratés grotesques (l’affaire des diamants de Bokassa)... Reste une image dont on ne saurait plus dire aujourd’hui si elle est la plus ridicule ou la plus touchante, celle d’un homme qui s’éloigne après avoir dit adieu, laissant derrière lui une chaise interminablement vide.

Dernière modification lejeudi, 16 mars 2017 20:16
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